L’HYPERCHOLESTÉROLÉMIE
L’excès
de cholestérol, cela peut avoir des conséquences graves
pour la santé… et pourtant, on ne ressent généralement pas
grand chose. C’est pourquoi, il est souvent difficile de
bien suivre son traitement chaque jour, quand aucun
symptôme ne vous rappelle que vous êtes malade. Pourtant,
seule une prise en charge au long cours permet d’éviter de
graves complications.
Dans la
grande majorité des cas, l’hypercholestérolémie est
totalement dénuée de symptôme jusqu’à l’apparition des
complications : plaques d’athérome (rétrécissement de
l’artère visible à l’échographie), attaques cérébrales (ou
accident vasculaire cérébral) ou cardiaques (infarctus),
artérite des membres inférieurs… Autant de troubles qui
peuvent occasionner des douleurs ou d’importants handicaps
voire mettre la vie en danger. Un traitement permet
d’éviter de telles complications. Encore faut-il le suivre
régulièrement… Pour vous motiver, sachez mieux en évaluer
les bénéfices et n’hésitez pas à en parler avec votre
médecin.
Des
symptômes n’apparaissent que très rarement
Parfois,
dans un très petit nombre de cas, l’hypercholestérolémie se
révèle cliniquement. Cela entraîne des dépôts de
cholestérol sur les tendons, que l’on appelle xanthome, et
qui peuvent gêner le mouvement s’ils sont très importants.
De la même façon, il peut exister des dépôts jaunâtres au
coin interne de l’oeil (xanthélasma) ou un arc blanchâtre
autour de la cornée (ils vont former un arc que l’on
appelle arc cornéen et qui existe aussi de façon
physiologique chez les personnes âgées).
Malheureusement (ou heureusement), ces signes
n’apparaissent que dans les hypercholestérolémies majeures,
et non dans les hypercholestérolémies modérées ou légères,
qui sont de loin les plus fréquentes.
L’excès
de cholestérol, maladie silencieuse
Le plus
souvent, lorsqu’on a trop de cholestérol dans le sang,
personne ne peut donc le voir, et l’intéressé lui-même ne
peut pas le sentir. Le seul signe de l’hypercholestérolémie
est donné par l’analyse de sang, qui va montrer
concrètement l’excès de cholestérol.
"Si ce signe est unique, il ne doit en aucun cas être mis
en doute, même si l’on ne ressent rien", insiste le Dr
Boris Hansel, du service d’endocrinologie, de nutrition et
de prévention cardiovasculaire à l’hôpital de la
Pitié-Salpêtrière. "De la même façon, ce n’est pas parce
qu’on ressent quelque chose que le taux de cholestérol
sanguin est en train de monter en flèche".
L’hypercholestérolémie est une maladie silencieuse qui
évolue à bas bruit… et l’on peut se sentir en parfaite
santé en ayant un taux de cholestérol trop élevé ce qui
peut poser certains problèmes.
Le
suivi du traitement est souvent difficile
Quand on
se sent en bonne santé, il n’est pas facile de se motiver
pour suivre des mesures hygiéno-diététiques ou pour prendre
un médicament tous les jours. Conséquence : les
interruptions du régime et/ou du traitement médicamenteux
sont fréquentes. On estime que la moitié des patients sous
traitement médicamenteux l’abandonnent dans l’année. De
même, l’oubli du comprimé n’est pas rare : il est fréquent
d’oublier ses médicaments sans même s’en rendre compte.
De façon générale, plusieurs facteurs sont pointés du doigt
pour expliquer la difficulté de l’observance (du suivi) à
un traitement. D’abord, elle dépend du nombre de prises :
plus le nombre de médicaments à prendre par jour est élevé,
moins l’observance est bonne. Elle dépend aussi du nombre
de comprimés lors de chaque prise, du goût, de la taille
des médicaments, et de l’horaire de la prise (on estime que
le médicament est moins oublié s’il est prescrit le soir ou
le matin, plutôt que le midi, le patient étant plus souvent
à l’extérieur de son domicile).
Quelques
clés pour optimiser le suivi du traitement
Pour
favoriser l’observance au traitement, et ne pas se
démotiver, quelques règles ou quelques trucs peuvent être
mis en place entre le patient et son médecin. Il faut avant
tout bien comprendre l’intérêt du médicament, comment il
doit être pris, et ne pas hésiter à le redemander
régulièrement au médecin. Si des oublis surviennent, il
faut arriver à en évaluer précisément la fréquence, les
circonstances de survenue et à trouver des astuces pour les
éviter. L’oubli volontaire ou involontaire d’un médicament
est parfois lié à la présence ou simplement la crainte des
effets secondaires. En parler avec votre médecin permet de
vérifier si ces effets peuvent être liés à la prise en
charge, parfois de modifier la dose ou le traitement lui
même, si ces conséquences sont vraiment gênantes.
Toutefois, ces effets secondaires sont généralement très
modérés… et les effets indésirables majeurs sont bien moins
fréquents que ceux d’un traitement à base d’aspirine ou
d’anti-inflammatoire par exemple.
Prendre conscience des bénéfices du traitement
Enfin, l’une des clés de l’observance du traitement est
d’essayer d’évaluer l’efficacité du médicament et d’en voir
les effets positifs. Ces effets, si l’on ne peut les voir
de l’extérieur, sont visibles sur l’analyse de sang. On
peut également demander au médecin d’évaluer le risque et
son évolution en fonction du taux de cholestérol. "Pour
comprendre l’intérêt et se rendre compte concrètement du
bénéfice d’un traitement à long terme, on peut par exemple
évaluer le risque cardiovasculaire à 10 ans pour un patient
donné" conseille le Dr Boris Hansel. Selon la plupart des
études, une prise en charge satisfaisante de
l’hypercholestérolémie diminue de 30 % le risque de maladie
coronaire et d’infarctus. Et ce bénéfice est d’autant plus
important que le médicament est bien pris.
Ainsi, un homme de 55 ans ayant une hypercholestérolémie
relativement importante, avec un taux de cholestérol total
égal à 2,70 g/l, mais qui ne fume pas, n’est pas
diabétique, et a une pression artérielle normale, aura un
risque de 15 % de faire une maladie cardiovasculaire dans
les 10 ans, et un risque de 7 % de faire un infarctus du
myocarde. Si son taux de cholestérol descend à 2 g/l, taux
satisfaisant pour cet homme, le risque d’infarctus descend
à 4 %.
"Même si ces évaluations sont un peu biaisées car elles
n’ont pas été réalisées en France, elles donnent une idée à
grande échelle du bénéfice qu’apporte un traitement
hypolipémiant. Et surtout, pour l’individu, elles
permettent d’avoir une idée théorique du bénéfice, et de
concrétiser les choses" précise le Dr Hansel. De nombreuses
études cliniques (avec les statines notamment) ont démontré
l’efficacité des médicaments contre le cholestérol pour
diminuer le risque d’attaques cardiaques ou cérébrales.
L’hypercholestérolémie,
comme le diabète ou l’hypertension artérielle sont des
maladies insidieuses… Pour mieux prévenir les
complications, ne vous laissez pas tromper par l’absence de
symptôme. Ne négligez pas le suivi régulier de votre
traitement. Un petit effort quotidien qui pourrait vous
sauver la vie !