La dépendance au tabac
Pourquoi
est-il si difficile d'arrêter de fumer ?
La cigarette est une source de nombreux plaisirs et les
fumeurs peuvent en devenir dépendants. Il existe en effet
trois types de dépendance au tabac :
La
dépendance environnementale ou
comportementale
Elle dépend de la pression sociale et conviviale. Le tabac
est en effet associé à des circonstances, à des personnes
et à des lieux qui suscitent l'envie de fumer. Quand on
envisage d'arrêter de fumer, il est donc important de
réfléchir à ce que l'on pourrait faire dans ces
circonstances pour pallier l'envie de fumer ou éviter ces
situations au moins au début. Cette préparation est
essentielle pour apprendre à vivre dans son environnement
habituel sans avoir recours au tabac.
La
dépendance psychologique
Quand on est fumeur, la cigarette est un moyen de se faire
plaisir, de gérer son stress ou son anxiété, de surmonter
ses émotions, de se stimuler, de se concentrer, etc. Cette
dépendance est liée aux effets psychoactifs de la nicotine
qui procure plaisir, détente, stimulation intellectuelle,
action anxiolytique, antidépressive et coupe-faim. Cette
dépendance peut apparaître peu de temps après les premières
cigarettes fumées et varie considérablement d'un fumeur à
l'autre.
La
dépendance physique
Elle est due essentiellement à la présence de nicotine dans
le tabac. Elle survient après plusieurs années de
tabagisme, seulement chez certains fumeurs. Elle se traduit
par une sensation de manque. Les substituts nicotiniques
peuvent être utiles pour la surmonter : ils fournissent au
corps une quantité de nicotine suffisante pour combler le
besoin de tabac. Avec une dose adaptée à son tabagisme, le
fumeur ne souffre plus de manque et la dépendance physique
disparaît progressivement. Les gommes à mâcher, les
comprimés à faire fondre sous la langue, les inhaleurs ou
les timbres à la nicotine sont vendus en pharmacie sans
prescription médicale.
Seule
une prise en compte conjointe des trois types de
dépendances permet aux plus dépendants d'arrêter de
fumer.
Comment
savoir si l'on est dépendant physiquement à la nicotine
?
Le test de Fagerström, validé par l'ensemble des experts
internationaux, permet de faire le point avec sa dépendance
physique en six questions portant sur la quantité de
cigarettes que l'on fume, le laps de temps qui s'écoule
entre le réveil du matin et la première cigarette, la
difficulté que l'on a à s'abstenir de fumer lorsqu'on est
malade ou dans les zones non-fumeurs. On peut notamment le
trouver dans le guide pratique de l'Inpes : « J'arrête de
fumer».
Qu'est-ce
que le syndrome de manque ?
Le syndrome de manque est dû à la baisse brutale de la
quantité de nicotine dans l'organisme par rapport à un
seuil auquel le fumeur s'était habitué. Le manque de
nicotine est perçu par le fumeur comme désagréable, voire
dans certains cas insupportable.
A
quels signes reconnaît-on que l'on est en manque de
nicotine ?
Il existe différentes manifestations caractéristiques du
syndrome de manque ; elles ne se présentent pas forcément
toutes à la fois et sont le plus souvent dissociées dans le
temps. Les symptômes de manque le plus souvent cités par
les fumeurs sont : • Des pulsions fortes à fumer. • Une
irritabilité, de la nervosité, de l'agitation, de
l'anxiété. • Des perturbations du sommeil. • Une humeur
dépressive. • Des troubles de la concentration
intellectuelle, de même qu'une augmentation de l'appétit ou
une constipation. Tous ces troubles sont les principales
causes des difficultés et des échecs à court terme ; ils
sont essentiellement liés au manque de nicotine et peuvent
être considérablement améliorés par un traitement de
substitution nicotinique adapté.
Combien
de temps dure le syndrome de manque ?
Une pulsion à fumer peut être forte et fréquente, mais elle
ne dure jamais longtemps. Si la personne résiste, la
pulsion durera en moyenne deux minutes, puis disparaîtra et
reviendra quelques instants plus tard par vagues, qui elles
aussi se calmeront. Dans une démarche d'arrêt, ces pulsions
à fumer diminuent progressivement, à la fois en fréquence
et en intensité, pour disparaître en quelques semaines
(deux à huit selon l'importance de la dépendance physique
initiale). Avec le temps, l'arrêt du tabagisme devient de
plus en plus facile. Après quelques semaines, les pulsions
vont faire place à des envies moins fortes, moins
violentes, qui sont moins des symptômes de manque que le
souhait de prendre une cigarette, souvent déclenché par une
situation particulière ou un environnement fumeur,
convivial ou stressant.
Enfin, après quelques mois d'arrêt, les choses
s'améliorent. De nouvelles habitudes se consolident. On se
sent de mieux en mieux. Les envies de cigarettes vont
disparaître et être remplacées par des pensées, sorte de
souvenir nostalgique du plaisir que l'on prenait à fumer.
Comme l'évocation d'un moment plaisant vécu des années
auparavant, la pensée d'une cigarette va disparaître
d'elle-même, sans effort.