Le pouvoir du
thé vert (6 oct. 2006)
Traitements de Substituts Nicotiniques (TSN)
et femmes enceintes - Actualisation des données (6 octobre
2006)
Le pouvoir du thé vert (6 oct. 2006)
Le thé est la boisson la plus consommée
au monde, après l’eau cela s’entend. Trois milliards de
kilos de thé sont produits chaque année pour répondre à ces
besoins gigantesques. Parmi les différentes sortes de thé,
le vert semble, d’un point de vue pharmacologique, être le
plus attrayant, puisqu’il contient des quantités élevées de
polyphénols qui lui ont valu d’être étudié sous l’angle de
la prévention des maladies cardiovasculaires (MCV) et du
cancer. In vitro, le thé vert fait indéniablement preuve
d’effets inhibiteurs sur la carcinogenèse, mais de
l’éprouvette à la pratique médicale, il y a un précipice
que seule la recherche clinique peut permettre de combler.
De fait, les études prospectives publiées sur le sujet ont,
pour l’instant, abouti, à des résultats quelque peu
discordants.
Une étude de cohorte menée au Japon a inclus 40 530 adultes
âgés de 40 à 79 ans, indemnes à l’état basal de toute MCV
et de toute affection cancéreuse. Les participants ont été
suivis pendant 11 ans au maximum pour ce qui est de la
mortalité globale (versus 7 ans, pour ce qui est des décès
en rapport avec des causes spécifiques).
Le suivi de 11 ans a porté sur 86,1 % des participants et
au cours de cette période, 4 209 sujets sont décédés. En 7
ans (89,6 %), les décès par MCV ont été au nombre de 892
(versus 1 134 décès par cancer).
La consommation de thé vert a été inversement associée à la
mortalité globale (notamment chez la femme, p=0,03) et
cardiovasculaire. Chez l’homme, l’analyse multivariée des
risques de décès, toutes causes confondues, a mis en
évidence une association significative (p=0,03) entre la
mortalité globale et le nombre quotidien de tasses de thé
(tt/j) : 1) < 1,00 : risque relatif (RR)=1,00 ; 2) 1 à 2
tt/j : RR=0,93 ; 3) 3 à 4 tt/j : RR=0,95 ; 4) ≥ 5 tt/j :
RR=0,88. Les chiffres correspondants sont, chez la femme,
de 1,00, 0,98, 0,82 et 0,77.
L’interaction entre consommation de thé et mortalité
cardiovasculaire s’est révélée être encore plus forte que
la précédente, là aussi tout particulièrement chez la femme
(p=0,08), avec des RR corrélés au nombre de tt/j, en
l’occurrence et respectivement 1,00, 0,84, 0,69 et 0,69
(p=0,004). Parmi les MCV, ce sont les accidents vasculaires
cérébraux qui semblent bénéficier au maximum des effets du
thé vert. En revanche, la mortalité par cancer n’a pas été
affectée par ce dernier.
Cette étude de cohorte prospective japonaise est une
véritable ode au thé vert qui semble posséder un effet
cardio- et vasculoprotecteur, sans doute lié à sa richesse
en polyphénols, encore que d’autres facteurs (de confusion,
par exemple), au demeurant innombrables, puissent entrer en
ligne de compte.
Shinichi Kuriayma et coll. : “Green tea consumption and mortality due to cardiovascular disease cancer, and all causes in Japan.” JAMA 2006; 296: 1255-1265.
Traitements de Substituts Nicotiniques (TSN) et femmes enceintes - Actualisation des données (6 octobre 2006)
L’Agence française de sécurité sanitaire
des produits de santé (Afssaps) a réuni un groupe de
travail chargé d’actualiser l’ensemble des données
d’utilisation des substituts nicotiniques au cours de la
grossesse. Leurs premières conclusions confirment les
recommandations émises en 2003 qui préconisent
l’utilisation des TSN au cours de la grossesse, en cas
d’échec des autres approches. Le point d’étape du groupe de
travail et une liste de questions-réponses sont disponibles
sur le site de l’Afssaps.
Le tabagisme a des effets nocifs à la
fois pour la femme enceinte et pour le fœtus. Depuis 1997,
le recours aux traitements de substitution nicotinique peut
être indiqué au cours de la grossesse chez les femmes
fumeuses. En effet, l’exposition à la nicotine seule
comporte moins de risques pour le fœtus que l’exposition à
la fumée de cigarette. Les recommandations émises en 20031
précisent que l’objectif doit tendre vers un arrêt complet
du tabac le plus tôt possible, sans recours aux traitements
de substitution à la nicotine (TSN). Toutefois, des
substituts nicotiniques peuvent être proposés à la femme
enceinte en cas d’échec de la thérapie
cognitivo-comportementale et de la prise en charge
psychologique.
Depuis, les résultats d’une étude2 en janvier 2006, ont mis
en évidence une possible augmentation de risque de
malformation du fœtus lors de l’utilisation des substituts
nicotiniques au cours du premier trimestre de la grossesse.
Cette étude a conduit l’Afssaps à réunir un groupe
d’experts afin d’actualiser les données sur l’utilisation
des traitements substitutifs de la nicotine (TSN) au cours
de la grossesse et de réévaluer, le cas échéant, la balance
bénéfice/risque de ces traitements au cours de la
grossesse. Après analyse, le groupe de travail ne relève
dans l’étude aucun élément solide à l’appui d’une
augmentation du risque de malformation lié à l’utilisation
des TSN au cours du premier trimestre de la grossesse. En
l’état des connaissances, aucun risque de malformation ou
de toxicité fœtale ne semble être imputable à l’utilisation
des TSN au cours de la grossesse, quelle que soit la forme
pharmaceutique considérée (patch, gomme, cartouche pour
inhalation buccale…). En conséquence, l’information
contenue dans le RCP demeure valide. Le groupe de travail
complétera ses travaux en procédant à l’évaluation de
données complémentaires de pharmacovigilance.
En complément du point d’information sur l’utilisation des
TSN au cours de la grossesse et afin d’informer au mieux
les femmes enceintes à ce sujet, un ensemble de
«questions/réponses» sont disponibles sur le site internet
de l’Afssaps.
[1] Les stratégies thérapeutiques
médicamenteuses et non médicamenteuses de l’aide à l’arrêt
du tabac – Recommandations de bonnes pratiques – Afssaps –
Mai 2003
[2] Morales-Suares-Varela M, Bille C, Christensen K et
Olsen J. « Smoking habits, nicotine use, and
congenital malformations ». Obstet Gynecol 2006 ;
107 :51-7.
Lien: Comuniqué de presse et rappot complet de l'Afsapps du 6 oct. 06