Cholestérol : votre feuille d’analyse à la loupe
Le taux
de cholestérol sanguin représente l’un des principaux
facteurs de risque cardiovasculaire. Ses concentrations
doivent être basses pour prévenir le risque
d’athérosclérose (dépôt de graisses dans les artères).
Mais, attention, il y a cholestérol et cholestérol, le
"bon" cholestérol... et le "mauvais". Apprenez à lire votre
feuille de résultats.
Le bilan lipidique doit être effectué après 12 heures de
jeûne, ce qui explique pourquoi on vous demandera de vous
présenter le matin au laboratoire d’analyse sans avoir pris
de petit-déjeuner. Les résultats doivent, dans tous les
cas, être interprétés en fonction de vos facteurs de risque
cardiovasculaire associés (tabagisme, hypertension
artérielle, diabète, obésité, antécédents familiaux ou
personnels de maladie cardiaque...). La Fédération
Française de Cardiologie plaide pour une meilleure
surveillance de son propre taux de cholestérol à partir de
25 ans.
Valeur normales
< 2g/l
< 1,6 g/l
> 0,35 g/l
< 2g/l
|
Taux de cholestérol |
Cholestérol total | LDL - Cholestérol (mauvais cholestérol) | HDL - Cholestérol (bon cholestérol) | Triglycérides |
Le
cholestérol sanguin total
Le
cholestérol est un lipide (graisse) dont l’origine est
double. Pour partie, il est fabriqué par le foie. Pour le
reste, il est d’origine alimentaire.
En France, on admet en règle :
0. Que le taux de cholestérol total (CT) doit être
inférieur ou égal à 2 g /l (5,1 mmol/l).
Mais, plus il est bas, mieux c’est, ainsi que l’ont révélé
de grandes enquêtes internationales.
Le
HDL-cholestérol ou "bon cholestérol"
Il
s’agit d’une lipoprotéine de haute densité (HDL ou “high
density protein”), qui a pour fonction de transporter
l’excédent de cholestérol dans le sang vers le foie et qui
participe ainsi à l’élimination de cette graisse par
l’organisme. Cette variable représente le “bon”
cholestérol, celui pour lequel il est préférable d’obtenir
des valeurs fortes. Plus le taux sanguin de HDL-cholestérol
est élevé, plus le risque d’athérosclérose est faible.
Le HDL-cholestérol est en général mesuré par méthode de
précipitation.
On considère habituellement que sa concentration doit
dépasser au minimum 35 mg/dl ou 0,9 mmol/l. Les valeurs
observées sont, en règle générale, plus importantes chez
les femmes.
A partir du HDL-cholestérol, on peut également mesurer le
rapport Cholestérol total/HDL-cholestérol, dont la valeur
standard est de 4,5. Au-dessus de ce chiffre, on estime que
le risque artériel est important.
Le
LDL-cholestérol ou "mauvais cholestérol
Il
s’agit d’une lipoprotéine de basse densité (LDL ou “low
density protein”), qui transporte le cholestérol provenant
des aliments vers les tissus. Il représente le “mauvais”
cholestérol et il est bon d’avoir de faibles taux de
LDL-cholestérol. La probabilité d’athérosclérose est, en
effet, d’autant plus forte que la valeur du LDL-cholestérol
est élevée.
Le taux du LDL-cholestérol est, en général, calculé à
partir des triglycérides (TG), une autre variable
lipidique, du HDL-cholestérol et du cholestérol total selon
la formule de Fridewald*.
On peut aussi mesurer le taux de LDL-cholestérol par
technique d’ultracentrifugation, mais ce dosage n’est pas
effectué en routine.
Le taux de LDL-cholestérol doit être :
Inférieur ou égal à 1,3 g/l (3,4 mmol/l) s’il existe des
facteurs de risque cardiovasculaire ;
Inférieur ou égal à 1,6 g/l (4,1 mmol/l) en l’absence de
facteur de risque.
Mais, les normes américaines, qui viennent d’ailleurs
d’être révisées, sont plus strictes. En effet, les experts
américains jugent qu’un taux < 1 g/l de LDL-cholestérol
est optimal, un chiffre sur lequel beaucoup de spécialistes
internationaux s’accordent aujourd’hui.
Les autres variables du bilan lipidique
Le bilan lipidique tiendra compte aussi d’autres paramètres
lipidiques comme :
Les
triglycérides
Il s’agit d’une autre catégorie de lipides, qui est
associée au risque d’athérosclérose, mais de façon moins
nette que le cholestérol. Leur concentration sanguine est
mesurée par technique enzymatique.
On considère qu’un taux de triglycérides inférieur à 2 g/l
(2,3 mmol/l) est normal et un taux supérieur à 4 g/l (4,6
mmol/l) pathologique, quel que soit le niveau de
cholestérol chez une personne dépourvue de facteur de
risque cardiovasculaire.
Entre 2 et 4 g/l, la valeur des triglycérides devra être
vérifiée par un nouveau bilan lipidique et elle sera
interprétée en fonction des valeurs du cholestérol et de
ses sous-fractions.
Les
apolipoprotéines A1 et B
Ces protéines jouent un rôle important dans le métabolisme
du cholestérol et exercent des effets antagonistes
vis-à-vis de l’athérosclérose. Un taux élevé
d’apolipoprotéine A1 exerçant, à l’instar du
HDL-cholestérol, un effet protecteur et un taux élevé
d’apolipoprotéine B, à l’instar du LDL-cholestérol, une
action délétère. Leur dosage n’est pas recommandé en
routine, mais est de fait souvent effectué.
Et parfois
La
lipoprotéine a [Lp(a)]
Le rôle de ce lipide a plus récemment été découvert. Il
représente un facteur de risque indépendant
d’athérosclérose. Plus le taux de Lp(a) est élevé, plus le
danger d’athérosclérose augmente.
* Cette formule mathématique est utilisée à la condition
cependant, que le taux de triglycérides demeure inférieur à
4 g/l ou 4,6 mmol/l :
LDL-C (g/l) = CT (g/l) - TG/5 (g/l) - HDL-C (g/l)
ou
LDL-C (mmol/l) = CT (mmol/l) - TG/2,2 (mmol/l) - HDL-C
(mmol/l)