Le pouvoir du thé
Le suivi de 11 ans a porté sur 86,1 % des participants et au cours de cette période, 4 209 sujets sont décédés. En 7 ans (89,6 %), les décès par MCV ont été au nombre de 892 (versus 1 134 décès par cancer). La consommation de thé vert a été inversement associée à la mortalité globale (notamment chez la femme, p=0,03) et cardiovasculaire. Chez l’homme, l’analyse multivariée des risques de décès, toutes causes confondues, a mis en évidence une association significative (p=0,03) entre la mortalité globale et le nombre quotidien de tasses de thé (tt/j) : 1) < 1,00 : risque relatif (RR)=1,00 ; 2) 1 à 2 tt/j : RR=0,93 ; 3) 3 à 4 tt/j : RR=0,95 ; 4) ≥ 5 tt/j : RR=0,88. Les chiffres correspondants sont, chez la femme, de 1,00, 0,98, 0,82 et 0,77. L’interaction entre consommation de thé et mortalité cardiovasculaire s’est révélée être encore plus forte que la précédente, là aussi tout particulièrement chez la femme (p=0,08), avec des RR corrélés au nombre de tt/j, en l’occurrence et respectivement 1,00, 0,84, 0,69 et 0,69 (p=0,004). Parmi les MCV, ce sont les accidents vasculaires cérébraux qui semblent bénéficier au maximum des effets du thé vert. En revanche, la mortalité par cancer n’a pas été affectée par ce dernier. Cette étude de cohorte prospective japonaise est une véritable ode au thé vert qui semble posséder un effet cardio- et vasculoprotecteur, sans doute lié à sa richesse en polyphénols, encore que d’autres facteurs (de confusion, par exemple), au demeurant innombrables, puissent entrer en ligne de compte.
Shinichi Kuriayma et coll. : “Green tea consumption and mortality due to cardiovascular disease cancer, and all causes in Japan.” JAMA 2006; 296: 1255-1265.
Traitements de Substituts Nicotiniques et femmes enceintes
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L’Agence française de sécurité sanitaire des
produits de santé (Afssaps) a réuni un groupe
de travail chargé d’actualiser l’ensemble des
données d’utilisation des substituts
nicotiniques au cours de la grossesse. Leurs
premières conclusions confirment les
recommandations émises en 2003 qui
préconisent l’utilisation des TSN au cours de
la grossesse, en cas d’échec des autres
approches. Le point d’étape du groupe de
travail et une liste de questions-réponses
sont disponibles sur le site de l’Afssaps.
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Le tabagisme a des effets nocifs à la fois pour la
femme enceinte et pour le fœtus. Depuis 1997, le
recours aux traitements de substitution nicotinique
peut être indiqué au cours de la grossesse chez les
femmes fumeuses. En effet, l’exposition à la
nicotine seule comporte moins de risques pour le
fœtus que l’exposition à la fumée de cigarette. Les
recommandations émises en 20031
précisent que l’objectif doit tendre vers un arrêt
complet du tabac le plus tôt possible, sans recours
aux traitements de substitution à la nicotine
(TSN). Toutefois, des substituts nicotiniques
peuvent être proposés à la femme enceinte en cas
d’échec de la thérapie cognitivo-comportementale et
de la prise en charge psychologique.
Depuis, les résultats d’une
étude2
en janvier 2006, ont mis en évidence une possible
augmentation de risque de malformation du fœtus
lors de l’utilisation des substituts nicotiniques
au cours du premier trimestre de la grossesse.
Cette étude a conduit l’Afssaps à réunir un groupe
d’experts afin d’actualiser les données sur
l’utilisation des traitements substitutifs de la
nicotine (TSN) au cours de la grossesse et de
réévaluer, le cas échéant, la balance
bénéfice/risque de ces traitements au cours de la
grossesse. Après analyse, le groupe de travail ne
relève dans l’étude aucun élément solide à l’appui
d’une augmentation du risque de malformation lié à
l’utilisation des TSN au cours du premier trimestre
de la grossesse. En l’état des connaissances, aucun
risque de malformation ou de toxicité fœtale ne
semble être imputable à l’utilisation des TSN au
cours de la grossesse, quelle que soit la forme
pharmaceutique considérée (patch, gomme, cartouche
pour inhalation buccale…). En conséquence,
l’information contenue dans le RCP demeure valide.
Le groupe de travail complétera ses travaux en
procédant à l’évaluation de données complémentaires
de pharmacovigilance.
En complément du point d’information sur
l’utilisation des TSN au cours de la grossesse et
afin d’informer au mieux les femmes enceintes à ce
sujet, un ensemble de «questions/réponses» sont
disponibles sur le site internet de l’Afssaps.
[1]
Les stratégies thérapeutiques médicamenteuses et
non médicamenteuses de l’aide à l’arrêt du tabac –
Recommandations de bonnes pratiques – Afssaps – Mai
2003
[2] Morales-Suares-Varela M, Bille C,
Christensen K et Olsen J. « Smoking habits,
nicotine use, and congenital malformations ».
Obstet Gynecol 2006 ; 107 :51-7.
Lien:
Comuniqué de presse et rappot
complet de l'Afsapps du 6 oct. 06