Gérer le syndrome de sevrage
Irritabilité, anxiété, tristesse… les symptômes de manque
peuvent être plus ou moins présents selon les individus.
Mais il est prévisible que vous en soyez victime durant les
premières semaines suivant votre arrêt du tabac. Alors
autant vous y préparer au mieux grâce à nos conseils. Pour
un sevrage sans stress !
Gare à la rechute !
Vous
avez décidé de vous arrêter de fumer. Bravo ! Mais
sachez qu'en raison de la dépendance à la nicotine, le
sevrage tabagique est souvent source d'énervement et
d'anxiété. Quelques conseils pour réussir malgré tout et
éviter les rechutes !
Arrêt du tabac : connaître le syndrome de
sevrage
Se débarrasser de la cigarette n’est pas si facile… En
période de "manque", les phénomènes d’irritation et
d’anxiété sont courants. Quelques conseils pour réussir
malgré tout.
Vous
avez pris votre décision ! Vous avez décidé de vous
arrêter de fumer. Bravo ! Mais, sachez que vous (et
votre entourage) devrez vous armer de courage les premiers
jours. En raison de la dépendance à la nicotine, le sevrage
tabagique est, en effet, souvent source d’énervement et
d’anxiété.
Des
ex-fumeurs irritables
Il n’est ainsi pas rare que les ex-fumeurs soient irrascibles, agressent leur entourage ou se plaignent de fatigue. Néanmoins, ne vous inquiétez pas trop. Ces troubles sont certes fort désagréables mais font partie du syndrome de manque en rapport avec l’absence de nicotine. Ils disparaîtront peu à peu et peuvent dans tous les cas être atténués par la prise de substituts nicotiniques (patchs, gommes).
Le sommeil, qui est souvent déjà de moins bonne qualité chez les fumeurs, est aussi fréquemment perturbé pendant quelques semaines. Les réveils sont plus courants durant la nuit. Il est habituel que les ex-fumeurs se lèvent une heure plus tôt le matin, durant la première semaine tout en ayant l’impression d’avoir mal dormi. Patience. Là aussi, tout reviendra peu à peu à la normale.
Prévenir les symptômes de "manque"
Pour
limiter l’apparition de toutes ces phénomènes d’humeur,
mieux vaut ne pas choisir le jour “J” dans une période
d’intense activité professionnelle ou si vous avez des
problèmes personnels ou vous sentez
fragile.
Préférez
un moment calme comme les vacances. Parlez de votre projet
à vos proches, et inscrivez-vous à une consultation de
sevrage tabagique comme il en existe aujourd’hui dans de
nombreux hôpitaux. Grâce à des techniques de psychothérapie
de groupe comportementale et cognitive, vous aurez plus de
chances de réussir votre tentative et vous supporterez
mieux les inconvénients inéluctables du
sevrage.
Les
médecins pourront apprécier :
• Votre
degré de motivation, qui conditionne la réussite de l’arrêt
du tabac ;
• Votre
degré de dépendance psychologique et physique à la
cigarette qui influence l’apparition des “effets
secondaires” après l’arrêt.
Ils
pourront vous aider à mieux accepter cette période
difficile en vous prescrivant pendant 3 mois des
timbres transdermiques à la nicotine, adaptés à votre
niveau d’intoxication, ce qui permettra de diminuer les
symptômes de manque. Attention, toutefois aux abus et il
est bien sûr préférable de ne pas fumer sous patch. Un
excès de nicotine délivré par un patch peut de façon
paradoxale, provoquer l’apparition de troubles du
sommeil.
Les
gommes à mâcher ou les pastilles à sucer à la nicotine vous
permettront aussi de surmonter l’envie de la cigarette,
quand celle-ci se manifeste de façon inopinée au moment de
la journée.
Arrêt du tabac : connaître le syndrome de
sevrage
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Tabagisme et symptômes dépressifs sont souvent
associés
De plus
en plus, les spécialistes du sevrage tabagique recherchent,
notamment chez les gros fumeurs, la présence d’une anxiété
ou de symptômes dépressifs. Ces derniers sont, en effet,
deux fois plus répandus chez les fumeurs. Lorsqu’ils sont
trop importants, les médecins peuvent tout bonnement
conseiller aux fumeurs de différer le sevrage. Supprimer la
cigarette est malgré tout une épreuve. Il serait imprudent
d’arrêter de fumer quand on présente une authentique
dépression, car cela risquerait de la majorer et
d’entraîner un déplacement vers d’autres formes de
dépendance.
Dans
d’autres cas, les médecins vous proposeront de prendre
pendant quelque temps un tranquillisant ou un
antidépresseur sérotoninergique pour vous soutenir.
Le
Zyban ®,
un antidépresseur à base d’hydrochloride de bupropion,
commercialisé par les laboratoires GlaxoSmithKline est
spécifiquement destiné à l’arrêt du tabac. Plusieurs études
ont montré qu’il diminue les symptômes d’irritabilité en
rapport avec la suppression de la
nicotine.
Des petits moyens souvent bien utiles
L’hygiène
de vie joue un rôle essentiel pour lutter contre les
manifestations désagréables du sevrage tabagique. Il est
ainsi particulièrement recommandé de modérer sa
consommation de café ou de thé, qui sont des excitants du
système nerveux et accroissent l’anxiété. Attention aussi à
l’alcool ou à la nourriture !
En
revanche, la pratique d’une activité sportive aura
l’avantage de vous calmer tout en permettant de lutter
contre la prise de poids favorisée par l’arrêt du tabac.
C’est le moment d’aller de nouveau à la piscine, de vous
programmer de grandes balades… tous les sports qui
procurent un effet important de détente. Pourquoi ne pas
essayer de faire quelques séances de relaxation, seul(e) ou
avec un professionnel ? Pourquoi ne pas prendre une
tisane le soir pour faciliter
l’endormissement ?
Et
surtout, restez optimiste. Une forte motivation est la clef
du succès
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Les cigarettes fonctionneraient comme des
antidépresseurs
La
cigarette chez les personnes déprimées serait-elle une
forme d'automédication ? Telle est la surprenante
hypothèse de départ d'une étude américaine. Pour la
vérifier au niveau physiologique, ces chercheurs ont
exploré une partie du cerveau associée à la
dépression : le locus coeruleus. Les dépressions
majeures et les tentatives de suicide ont été reliées avec
de fortes concentrations de deux protéines noradrénergiques
dans cette zone cérébrale.
On
sait également que les modifications chimiques occasionnées
par la nicotine à l'origine de la dépendance psychique et
physique sont localisées en partie dans cette
région.
Après
avoir autopsié le cerveau de 7 fumeurs et de 9 non-fumeurs
(tous ayant souffert de dépression majeure), les chercheurs
ont observé que les accros à la cigarette présentaient des
changements neurochimiques similaires à ceux d'animaux
traités avec des antidépresseurs (concentration beaucoup
plus faible des deux protéines noradrénergiques
recherchées).
Cette
étude apporte un nouvel éclairage sur les liens entre
dépression et tabagisme. Elle pourrait expliquer le grand
nombre de fumeurs et la difficulté du sevrage chez les
personnes dépressives.
Mais
la cigarette est-elle à l'origine de ces changements ou ces
caractéristiques prédisposent-elles un individu au
tabagisme ? Des études sur l'animal devront répondre à
cette question. En attendant ces prochains résultats, les
chercheurs s'empressent de rappeler qu'en aucun cas, leurs
résultats ne doivent encourager au tabagisme. Ils espèrent
simplement qu'ils permettront la mise au point de
meilleures techniques de sevrage
tabagique.
David
Bême
Source :
Arch Gen
Psychiatry. 2001;58:821-82
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