C'est
une plante de la famille des Solanacées originaire
d'Amérique, haute et à larges feuilles, qui contient un
alcaloïde toxique, la nicotine.
Le tabac a été introduit en
France par Jean Nicot sous François II et fut d'abord
utilisé comme plante décorative et médicinale ("herbe à
Nicot", "herbe à tous les maux"). Plus tard, on se mit à
préparer ses feuilles pour être prisées, chiquées ou
fumées.
Quelques chiffres
Le tabac
est le toxique le plus dangereux de la
planète.
On
estime à 450 000 en Europe, 52 000 en France, 350 000 aux
Usa et 2 à 3 millions dans le monde, le nombre de décès dus
chaque année au tabac.
L'hécatombe
représente en France l'équivalent d'un avion qui
s'écraserait chaque jour sans laisser de
survivants.
Dans
les 30 ans à venir, le tabac sera responsable de 20
millions de décès annuels sur les 5
continents.
Au
total, sur la population actuelle du globe (5 milliards),
500 millions d'habitants seront tués par le tabagisme d'ici
aux années 2020. Aucun conflit armé dans l'Histoire n'aura
fait autant de victimes...
Un
fumeur sur quatre décède prématurément d'une maladie liée
au tabagisme.
Le
tabac diminue l'espérance de vie : un fumeur de 25 ans voit
son espérance de vie diminuer de six ans s'il fume un
paquet par jour, et de plus de huit ans s'il fume deux
paquets par jour. Chaque cigarette représente une réduction
de vie équivalente au temps passé pour la fumer (six
minutes), ce qui représente deux heures par jour pour une
consommation quotidienne d'un paquet.
La
physiologie du tabagisme
Sur
le plan physiologique, fumer est un acte complexe. On
compte plus de 5000 composants dans la fumée du tabac.
Trois produits toxiques inhalés à chaque bouffée dominent :
la nicotine, le monoxyde de carbone et le benzopyrène.
La
nicotine est un alcaloïde qui agit sur l'organisme comme un
piège.
Elle
ne met que sept secondes après chaque inhalation pour
atteindre le cerveau, où elle provoque l'équivalent d'une
mini-décharge d'adrénaline. Selon les individus, elle
jouera le rôle d'accélérateur ou de
frein.
Pour
les uns, elle stimule l'activité cérébrale, augmente la
vigilance et les facultés de concentration intellectuelle.
A chaque bouffée, elle provoque une accélération du pouls,
une augmentation de la tension artérielle et du rythme
cardiaque (de 8 à 10 pulsations par minute vingt-quatre
heures sur vingt-quatre).
Chez
d'autres, au contraire, la nicotine a un effet
tranquillisant et anxiolytique : elle contribue à
inhiber les angoisses latentes en agissant comme un
sédatif.
La
façon de fumer varie énormément d'un individu à l'autre.
Car sans le savoir, le fumeur tire sur sa cigarette, son
cigare ou sa pipe, pour obtenir le taux de nicotine que son
organisme réclame. C'est le phénomène d'autotitration de la
nicotine.
En
clair, si l'on réduit les teneurs en nicotine ou en goudron
du tabac proposé, le fumeur compense systématiquement en
modifiant sa façon de fumer : il inhale plus profondément,
augmente le nombre d'inhalations ou fume plus longtemps et
plus souvent.
La
nicotine est la principale substance responsable de la
dépendance au tabac. Le plaisir neuronal, comme tous les
plaisirs, n'a qu'un temps.
Celui-ci
varie énormément selon les individus mais en moyenne, le
fumeur a besoin d'une nouvelle dose au maximum au bout
d'une demi-heure.
Ainsi
naît une dépendance pharmacologique : une cigarette en
appelle une autre. L'absorption nicotinique se fait
principalement par les muqueuses buccales pour le tabac à
chiquer, le cigare ou la pipe.
En
revanche, la fumée des cigarettes atteint très rapidement
les alvéoles pulmonaires où 90% de la nicotine est
absorbée. Au niveau digestif, le foie transforme par
oxydation une partie de la nicotine en cotinine, substance
dénuée de toute toxicité. La nicotine se trouve ainsi
éliminée par les urines.
L'existence
et l'intensité de la dépendance tabagique peuvent être
mesurées par le taux de monoxyde de carbone (CO) contenu
dans l'air expiré. Présent dans la fumée inhalée, il se
fixe sur l'hémoglobine et diminue de 15 à 20% le taux
d'oxygène en circulation. Le retentissement sur les organes
vascularisés est évident. Un fumeur qui consomme un paquet
de cigarettes par jour a une oxygénation équivalente à
celle d'un non-fumeur à 2500 mètres
d'altitude...
La
fumée du tabac contient également près de 500 substances
cancérigènes, parmi lesquelles les hydrocarbures et les
benzopyrènes.
Méfaits du tabac
Le tabac
est responsable de 90% des cancers du poumon, 85% des
artérites, 65% des cancers de la sphère ORL (bouche,
lèvres, langue, larynx, pharynx, oesophage), 40% des
cancers de la vessie, 35% des infarctus du myocarde (20 000
morts par an), 25 000 décès annuels par insuffisance
respiratoire.
La
bronchite chronique des fumeurs est due aux substances
irritantes inhalées (nitrosamines) qui paralysent les cils
vibratoires bronchiques et réduisent ainsi le système
immunitaire des voies respiratoires
Le
foetus est le premier en contact avec le toxique, soit
directement par le tabagisme maternel, soit par celui de
l'entourage.
Une
cigarette fumée provoque l'accélération du rythme cardiaque
et la diminution des mouvements actifs du foetus. La
fréquence des malformations congénitales est augmentée :
fissures palatines, strabisme, hernies inguinales,
trisomies...
La
mort in utero et l'hypotrophie foetale sont plus
fréquentes.
A
la naissance, les enfants qui ont subi une grande
exposition au toxique (2 paquets/jour) ont deux fois plus
souvent que les autres une détresse respiratoire et un
score d'Apgar inférieur à 2. La prématurité est augmentée
de 14%.
Chez
l'enfant, l'inhalation passive du toxique crée de multiples
et graves pathologies :
• Les
infections ORL à répétition ;
• Les
infections des voies aériennes inférieures : trachéite,
laryngite, bronchite, bronchiolite,
pneumonie....
• Les
symptômes respiratoires chroniques : toux chronique,
sibilance, hypersécrétion sont retrouvés chez 30 à 80% des
enfants subissant le tabagisme des
parents.
L'asthme
est majoré par l'exposition au toxique avec une
hyperactivité bronchique.
Le
tabagisme actif débute actuellement vers l'âge de 11 ans.
Dès la première année de consommation régulière toxique
apparaissent une toux chronique avec hypersécrétion et
manque de souffle.
Après
deux années d'exposition régulière, on peut voir apparaître
des anomalies aux épreuves fonctionnelles
respiratoires.
A
l'âge adulte, apparaissent les maladies.
La
maladie tabagique est une maladie grave responsable d'un
décès sur dix en France.
Les
deux principales maladies liées au tabac sont les maladies
cardiovasculaires et les cancers, surtout le cancer du
poumon.
Les
maladies cardiovasculaires (maladie coronarienne,
artérites)
Un
tiers des infarctus du myocarde sont liés au tabac; la
proportion passe à 75% avant l'âge de 40
ans.
L'artérite
est 38 fois plus fréquente chez le grand
fumeur.
Les
mécanismes par lequel le tabac augmente le risque
cardiovasculaire ne sont pas complètement
élucidés.
Les cancers
Le tabac
est responsable de 30% de l'ensemble des cancers et de 90%
des cancers du poumon.
Chez
les fumeurs, la fréquence des cancers est augmentée dans
tous les tissus en contact avec la fumée du tabac : bouche,
pharynx, larynx, oesophage, trachée, bronches, pancréas,
reins et vessie puisque les produits du catabolisme du
tabac sont excrétés par voie urinaire.
Les
autres cancers fréquemment rencontrés sont donc les cancers
du larynx, de la bouche, de l'oesophage, de la vessie, du
pancréas et des reins.
Le
tabac est un carcinogène direct.
Le
tabagisme passif
Le
fumeur ne met pas seulement sa vie en danger. Il fait
également courir des risques à son entourage même si
celui-ci ne fume pas.
Il
existe une intoxication passive du non-fumeur par le
fumeur.
Rester
dans une atmosphère enfumée équivaut à la consommation
d'une ou deux cigarettes. Un enfant dont les deux parents
fument plus d'un paquet de cigarettes par jour à la maison
court deux fois plus de risques d'être atteint par un
cancer du poumon.
De
même, le risque pour un non-fumeur en bonne santé, marié à
un fumeur, de développer une maladie cardiaque augmente de
30%.
Les autres affections
80 à 90%
des décès secondaires à la bronchite chronique sont dus au
tabac.
Les
ulcères gastroduodénaux sont deux fois plus fréquents chez
le fumeur.
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Le tabac : mortel sous toutes ses formes
Journée mondiale
sans tabac 2006
Reconnu comme un danger de santé publique, le tabagisme est
combattu par de plus en plus de pays, permettant parfois
d’enrayer le cours de l’épidémie. Face à ce mouvement
salvateur, les cigarettiers fabriquent de nouvelles armes
qu’ils déguisent en produits plus attrayants et soi-disant
moins nocifs. Ne soyez pas dupes !
L’addiction
tabagique est une épidémie mondiale qui fait de plus en
plus de ravages dans les pays et contrées les moins à même
de supporter son tribut de lésions invalidantes, de
maladies, de perte de productivité et de
décès.
Une stratégie qui ignore les conséquences
humaines
La
stratégie de base de l’industrie du tabac n’est guère
nouvelle. Ce n’est qu’une variante des campagnes de
lancement de cigarettes "légères" et "à faible teneur en
goudrons" qui ont si efficacement fidélisé les
consommateurs, racolé de nouveaux clients et fait échec à
la lutte antitabac au XXe
siècle.
De nos
jours, les cigarettiers continuent à rassurer les fumeurs
soucieux de leur santé en leur offrant, avec leurs nouveaux
produits, l’illusion de la sécurité. Ils continuent à
berner leurs anciens et nouveaux clients de manière de plus
en plus insidieuse en leur vantant et en leur proposant de
nouveaux produits aux noms évoquant la santé, parfumés aux
fruits ou dans de beaux emballages. Dans le même temps, ils
continuent à chercher des produits un peu moins nocifs.
Toutefois, aucune preuve n’a été apportée concernant la
réduction des effets nocifs de ces produits sur la
santé.
Pour
grand nombre de ces produits du tabac, on ne dispose que de
très peu d’informations exactes et franches sur leurs
ingrédients, leur apport en substances toxiques et leurs
effets sur la santé.
Le tabac toujours mortel
Fort
heureusement, les professionnels de la lutte antitabac ont
pu tirer de l’expérience et des succès aussi bien que des
échecs en la matière, au XXe
siècle,
des leçons utiles concernant la manière de procéder de
l’industrie du tabac. La santé publique mondiale bénéficie
également des forces conjuguées de l’Organisation des
Nations Unies et de ses Etats Membres qui ont produit la
Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la Santé
pour la lutte antitabac (CCLAT OMS) - outil puissant pour
combattre le tabagisme et les chemins détournés qu’emprunte
l’industrie du tabac.
La
raison d’être de la Journée mondiale sans tabac 2006 est de
faire savoir au public qu’il existe une grande variété de
produits du tabac qui sont mortels, de lui fournir des
informations exactes, de lui montrer ce qu’il y a sous le
"déguisement" et de mettre à nu la vérité concernant les
produits du tabac qu’ils soient conventionnels, nouveaux ou
à venir. Le slogan de la journée le dit bien : "Le
tabac : mortel sous toutes ses formes".